La peinture est pour moi une forme de mise à nu intérieure.
Ce n’est ni une profession ni une tâche, mais une nécessité profonde.
Lorsque j’essaie de représenter directement un portrait ou une nature morte,
le travail n’aboutit pas.
Lorsque je m’exprime à travers la peinture ou le dessin, l’œuvre prend forme.
Je peins lorsque je ressens que je ne peux plus ne pas peindre.
Cet état s’accumule intérieurement.
Je peux rester longtemps devant le chevalet sans rien faire.
Mais lorsque la tension intérieure devient insupportable, le travail commence.
La lumière occupe une place centrale dans mes œuvres.
Elle est mon principal moyen d’expression.
À travers elle, je construis l’espace intérieur du tableau,
sa tension et son silence.
La lumière porte en elle une dimension à la fois visuelle, humaine et spirituelle.
La figure humaine est souvent présente dans mon travail.
Le thème biblique m’attire non seulement par sa profondeur spirituelle,
mais aussi parce qu’il est immédiatement reconnaissable pour le spectateur.
À travers ces images familières, le regardeur entre dans l’espace de l’œuvre.
Pour moi, l’essentiel n’est pas ce que je représente, mais comment je le fais.
Les paysages, les natures mortes, les scènes figuratives
ne sont pas des genres ou des sujets,
mais des moyens d’expression.
Je ne cherche pas à représenter un lieu ou un objet précis,
mais l’état intérieur que je traverse.
Le portrait est pour moi, au fond, une forme d’autoportrait.
Les autoportraits occupent une place particulière dans mon travail,
car l’artiste est celui qui se connaît le plus intimement.
Même en représentant les autres, je poursuis un dialogue intérieur avec moi-même.
Les œuvres graphiques en noir et blanc sont étroitement liées à la peinture.
L’absence de couleur rend l’image plus ascétique.
Moins il y a de moyens, plus l’expression est forte.
Le renoncement au superflu permet de se concentrer sur l’essentiel.
Je peins à l’huile, parfois à la tempera.
Ces techniques me permettent de travailler dans la durée
et de revenir sur une œuvre après plusieurs années.
Je ne cherche pas à expliquer mes œuvres au spectateur.
Le tableau doit parler par lui-même.
Je laisse un espace ouvert
au dialogue entre l’œuvre et celui qui la regarde.